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www.lejsl.comC'est en début d'après-midi, mardi, que des plaisanciers étrangers navigant sur la Saône en crue ont aperçu un corps en surface de l'eau.Le couple remontait la Saône vers 13 h 45 et il venait de passer le pont dit de Fleurville, qui relie par la route départementale 933 cette dernière commune à celle de Pont-de-Vaux.
Il a alors vu ce corps, pris dans des branchages stoppés par une balise de navigation. Une balise qui délimite le chenal, située à 800 mètres après ce pont, sur leur gauche mais côté rive droite, donc, de la rivière.
Aussitôt, le couple a fait demi-tour pour prévenir les secours et, à leur arrivée, leur montrer l'endroit précis.
Embarcation mise à l'eau, les plongeurs sapeurs-pompiers du centre de Mâcon se sont dirigés vers le lieu en suivant le bateau des plaisanciers.
Sur place, ils ont immédiatement pensé au jeune Chalonnais. « Lors des recherches et du signalement, on avait parlé d'une chemise rayée et d'un jean.
Nous avons tout de suite pensé au jeune Campo, a expliqué l'un des secouristes. Et puis nous avons ensuite vu sa chevalière avec les initiales. ». Le doute n'était plus permis.
Sur une Saône avec un fort courant et un débit important, les plongeurs ont récupéré le corps du jeune homme pour le ramener sur la berge du camping de Pont-de-Vaux/Reyssouze. Les gendarmes de Pont-de-Vaux ont ensuite été rejoints en fin d'après-midi par les policiers du commissariat de Chalon en charge de l'enquête sur la disparition de Richard Campo, laquelle remonte au 26 février (voir ci-après).
Selon toute vraisemblance, le corps du jeune homme est remonté en surface après les montées successives du niveau des eaux de la Saône qui l'aurait alors transporté depuis plusieurs jours en surface avant d'être bloqué par des branchages dans cette balise. « Le corps a sans doute franchi le barrage de Gigny-sur-Saône en raison du niveau de la rivière. S'il n'avait pas été bloqué ici de cette manière, il aurait pu être transporté jusqu'au barrage de Dracé sans doute » a indiqué un sauveteur.
Le corps de Richard Campo devait être transporté au centre hospitalier de Chalon où une autopsie, devrait être pratiquée par un médecin légiste afin de déterminer les causes de la mort.
Laurent Bollet
AU TERME DE 45 JOURS D'ATTENTE Les derniers espoirs d'une famille sont anéantis Richard Campo, le jeune Chalonnais disparu dans la nuit du 25 au 26 février a finalement été retrouvé hier dans la Saône. Une triste découverte qui met un terme à un mois et demi de recherches et d'espoirs, même infimes, pour une famille aujourd'hui, endeuillée.
« C'est dur ce qui nous arrive, c'est dur » , confiait hier soir, son père, bouleversé, « Nous avons appris la nouvelle vers 17 heures par notre avocat prévenu par le juge d'instruction avec la confirmation par le commissariat.
Ca fait 45 jours qu'on attendait, on ne pouvait pas écarter cette thèse mais on avait une lueur d'espoir du moment que la Saône ne parlait pas.
Notre fils n'avait même pas 20 ans et on nous l'enlève ».
Une lueur d'espoir partagée par beaucoup de personnes qui connaissaient Richard Campo. Ils étaient plus de cinq cents à participer à « La marche de l'espoir » organisée le dimanche 26 mars dernier (un mois après sa disparition) dans les rues de Chalon. Un cortège qui a défilé sous la bannière « Unis pour l'espoir, Unis pour Richard » à l'initiative de Sofia, une des cousines de Richard. Un grand élan de solidarité pour la famille de Richard et Richard lui-même, dépeint comme « un ami très simple et très gentil », « extraordinaire et généreux », « un garçon plein d'humour et serviable », par tous ceux qui le côtoyaient.
Et ils étaient nombreux depuis les premières heures de sa disparition à se mobiliser pour les recherches en placardant des milliers d'affiches dans toute la ville et aux alentours, en créant un blog sur internet. Afin d'élucider cette disparition anormale du 26 février.
Tout marchait bien pour Richard. Il suivait ses études en Bac pro vente, il travaillait comme livreur de pizza et comme beaucoup d'étudiants, il faisait la fête le week-end avec ses amis.
Cette nuit-là, après une première partie de soirée en discothèque, Richard et une dizaine de copains, avait décidé d'aller boire un dernier verre au « Bar à Thym » sur l'île Saint-Laurent. Il est près de 6 heures. Richard décide de prendre l'air un instant. Ses amis ne le reverront plus. Seul l'un d'entre eux aura un dernier contact téléphonique avec lui pour le faire revenir. En vain. Richard manquera à l'appel pour défiler l'après midi même au Carnaval de Chalon avec l'harmonie municipale. L'audition d'une trentaine de témoins permettra de reconstituer une partie de son périple. Certains ont affirmé avoir entendu « au secours, je me noie » depuis l'hôpital avant d'appeler de l'aide. Pendant deux jours, les pompiers dragueront la Saône en vain.
Le 7 mars, le parquet de Chalon ouvrait une information judiciaire pour « disparition inquiétante » afin de faciliter les investigations des enquêteurs. Mais les recherches sont restées infructueuses jusqu'à hier après-midi, vers 15 h 15, avec la découverte du corps inanimé de Richard Campo dans la Saône.
Le défunt devrait être rapatrié prochainement sur l'hôpital de Chalon pour un examen approfondi et déterminer les causes exactes de sa mort qui a priori, devrait être la noyade.
Catherine Zahra et Emmanuelle Bouland